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Pourquoi mon funnel de conversion perd-il des prospects ?

Funnel ou tunnel de conversion : sur 5 comptes qu'on pilote, l'achat média varie d'un facteur 2,5 et l'après-clic d'un facteur 15,6. Où réparer, et dans quel ordre.

Vous avez fait baisser votre coût par clic. Vos campagnes n'ont jamais été aussi propres. Et le nombre de contacts n'a pas bougé d'un mois sur l'autre. On a mesuré les deux moitiés du parcours sur 5 comptes qu'on pilote, du 1er mars au 31 août 2026, et l'une des deux décide six fois plus que l'autre.

TL;DR

  • Sur ces 5 comptes, tous avec un objectif de contact, le coût du clic varie d'un facteur 2,5 entre le moins cher et le plus cher.
  • Sur les mêmes comptes et la même période, la transformation du clic en contact varie d'un facteur 15,6.
  • L'écart qui décide du résultat est donc 6,2 fois plus grand après le clic qu'avant. Un compte qui optimise ses enchères sans toucher à sa page d'arrivée travaille sur la plus petite moitié du problème.
  • L'ordre de réparation d'un funnel de conversion ne se discute pas : la mesure, la page d'arrivée, le formulaire, et l'achat média en dernier.
  • On a cherché un lien entre la fréquence d'exposition et le taux de transformation sur 6 comptes. Il n'existe pas. L'idée reçue selon laquelle une audience saturée convertit moins ne se vérifie pas ici.
  • Sur un compte de formation, la route dont le contact coûte 18 % de plus convertit deux fois mieux en inscription et rapporte trois fois plus.

Les deux moitiés d'un funnel de conversion pèsent-elles pareil ?

Un parcours publicitaire se coupe proprement en deux au moment du clic.

Avant, tout est achat média. L'enchère, le ciblage, les mots-clés, la créative, le réseau de diffusion. C'est la moitié que les plateformes vous montrent, celle qui remplit les tableaux de bord et sur laquelle on passe les réunions. Elle décide d'une seule chose : ce que vous payez pour amener quelqu'un chez vous.

Après, tout est chez vous. La page d'arrivée, sa vitesse, la promesse qu'elle répète ou qu'elle trahit, le nombre de champs du formulaire, le délai avant qu'on rappelle. Cette moitié ne remonte dans aucune interface publicitaire, et c'est exactement pour ça qu'elle ne se travaille jamais.

La question qu'on s'est posée est simple. Laquelle des deux crée le plus d'écart entre un compte qui marche et un compte qui rame.

Où se crée l'écart : avant ou après le clic ?

On a pris 5 comptes qu'on pilote, tous avec un objectif de contact, sur les 180 jours allant du 1er mars au 31 août 2026. Puis on a classé deux fois les mêmes comptes.

Au coût du clic, l'écart entre le compte le moins cher et le plus cher est d'un facteur 2,5.

À la transformation du clic en contact, l'écart entre les mêmes extrêmes est d'un facteur 15,6.

Rapport entre les deux écarts : 6,2. Sur les mêmes comptes, la même période et le même objectif, ce qui se passe après le clic disperse six fois plus les résultats que l'achat média.

Une précision au moment exact où le chiffre apparaît, parce qu'elle compte. Ces 5 comptes ne vendent pas la même chose, et remplir un formulaire pré-rempli dans une application ne demande pas le même effort que de prendre un rendez-vous téléphonique. Une partie de l'écart de 15,6 vient de là, et on ne va pas prétendre le contraire. Il reste bien trop large pour venir uniquement de là : le facteur 2,5 côté achat média, lui, porte sur des comptes tout aussi différents.

Ce que ce rapport change concrètement : une négociation d'enchères qui vous fait gagner 20 % sur le clic se fait avaler par une page d'arrivée qui perd un tiers des visiteurs en trois secondes. Vous pouvez vérifier où se situe votre propre compte sur ces deux axes, c'est le premier tableau qu'on sort dans un audit Google Ads.

Une audience saturée convertit-elle moins bien ?

Voilà la contre-intuition de cet article, et elle nous a coûté une hypothèse.

L'explication qui vient naturellement, quand un compte transforme mal, c'est la saturation. L'audience a trop vu les annonces, elle s'est lassée, elle clique par réflexe et repart. C'est ce qu'on raconte dans le métier, et on s'attendait à le lire dans les chiffres.

On a donc croisé la fréquence d'exposition et le taux de transformation sur 6 comptes. La fréquence va de 1,56 à 5,09 sur la période. Les taux de transformation ne la suivent pas. Pas de corrélation, pas de tendance, rien.

On ne publie donc pas cette explication, parce qu'elle n'est pas dans nos données. Un compte dont l'audience a vu les annonces cinq fois peut transformer mieux qu'un compte à une fois et demie. Si votre agence vous dit que votre problème de conversion vient d'une audience fatiguée, demandez-lui le nuage de points.

Votre compte mérite un vrai constat.

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Par quoi commencer pour réparer un funnel de conversion ?

Il y a un ordre, et le sauter coûte cher.

Tant que le suivi renvoie des chiffres faux, chaque arbitrage est un pari. Vous coupez une campagne qui produit, vous nourrissez une campagne qui ne produit rien, et personne ne s'en aperçoit puisque le tableau de bord confirme la décision. C'est le cas le plus fréquent qu'on reprenne, et il ne ressemble jamais à une urgence.

Sur une application mobile qu'on pilote, le suivi était installé mais mal configuré. Rien d'autre n'a bougé tant que ce point n'était pas réglé, événement par événement. Le volume mensuel d'installations a ensuite été multiplié par 4 pendant que leur coût baissait de moitié : le cas complet.

L'ordre qu'on applique dans un funnel de conversion, dans cet ordre exactement :

  • La mesure. Chaque action de conversion reprise une par une : ce qu'elle compte, si elle double une autre action, si elle remonte encore.
  • Ce que vous renvoyez aux plateformes. Un compte publicitaire ne voit que ce qu'on lui montre, et il compte des formulaires remplis. Lui renvoyer les contacts que vos commerciaux jugent qualifiés change ce qu'il va chercher.
  • La page d'arrivée. Sa promesse doit être celle de l'annonce, mot pour mot, sinon le visiteur croit s'être trompé d'endroit.
  • Le formulaire. Chaque champ ajouté écarte des gens, et c'est parfois exactement ce qu'on veut.
  • L'achat média. En dernier, une fois qu'on sait vers quoi on achète du trafic.

Faut-il garder la route qui produit les contacts les moins chers ?

Un organisme de formation qu'on pilote diffusait sur le formulaire natif de la plateforme. C'est le format le moins cher : la personne ne quitte pas l'application, ses coordonnées sont pré-remplies, le coût par contact descend vite. Le compte tournait, les contacts rentraient, et le chiffre d'affaires n'avançait pas.

On a fait tourner la même créative sur deux routes, ce qui rend la comparaison nette. Le contact venu de la page d'arrivée coûte 18 % de plus. Il convertit deux fois mieux en inscription, et son retour sur investissement est trois fois supérieur. Le budget s'est déplacé vers la route la plus chère, et le chiffre d'affaires mensuel a progressé de près de 70 % : le cas complet.

Ce que ce compte démontre tient en une phrase : le coût par contact classe les routes à l'envers dès que les deux routes ne demandent pas le même effort. Un tunnel de conversion optimisé au coût par contact optimise la facilité de remplir un formulaire.

Par où commençons-nous quand on reprend un compte ?

On ne reprend pas un compte par les enchères. On le reprend par la mesure, puis par ce qui se passe entre le clic et le rendez-vous, et l'achat média vient en dernier parce que c'est la moitié la moins dispersante des deux.

Ce choix a un coût commercial qu'on assume : les premières semaines ne produisent pas de courbe qui monte, elles produisent un compte qui dit enfin la vérité. C'est plus difficile à vendre qu'une baisse de coût par clic, et c'est ce qui tient ensuite.

Que devez-vous en retirer ?

Sortez deux chiffres de votre compte ce soir : votre coût par clic moyen et votre taux de transformation du clic en contact. Comparez leur évolution sur 6 mois. Celui qui a le plus bougé est celui qui pilote votre résultat.

Vérifiez vos actions de conversion avant toute chose. Cherchez les doublons, les actions qui ne remontent plus, et celles qui comptent une visite de page comme un contact.

Renvoyez à vos plateformes les contacts que vos commerciaux jugent sérieux, pas seulement les formulaires reçus. C'est le geste qui change ce que l'algorithme va chercher.

Et cessez de classer vos routes au coût par contact dès qu'elles ne demandent pas le même effort au visiteur. Classez-les à ce qu'elles signent.

Un compte publicitaire parfaitement optimisé qui envoie vers une page médiocre achète du trafic pour quelqu'un d'autre.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un funnel et un tunnel de conversion ?

Aucune, ce sont deux noms pour la même chose. Funnel est le terme anglais, entonnoir sa traduction littérale, et tunnel de conversion l'usage français le plus répandu. Les trois désignent le parcours entre la première exposition à votre marque et l'achat. On parle aussi de funnel marketing pour la version qui englobe tous les canaux, payants et non payants.

Qu'est-ce qu'un tunnel de conversion exactement ?

C'est le parcours complet entre le moment où quelqu'un voit votre annonce et le moment où il devient client. Il se coupe en deux au clic : avant, c'est de l'achat média et les plateformes vous le montrent ; après, c'est votre site et personne ne vous le montre. La deuxième moitié disperse 6,2 fois plus les résultats que la première sur les 5 comptes qu'on a mesurés.

Par où commencer pour optimiser un tunnel de conversion ?

Par la mesure, toujours. Tant que vos actions de conversion sont fausses ou en doublon, toute optimisation suivante commente des chiffres faux. Ensuite viennent ce que vous renvoyez aux plateformes, la page d'arrivée, le formulaire, et l'achat média en dernier.

Combien de temps faut-il pour voir un effet ?

La mesure se corrige en quelques jours et son effet est immédiat sur la lisibilité du compte, pas sur les ventes. Une page d'arrivée refaite demande 3 à 4 semaines avant d'avoir assez de visiteurs pour être jugée. Un changement d'enchères se lit en 2 semaines, ce qui explique pourquoi tout le monde commence par là.

Une audience qui a trop vu mes annonces convertit-elle moins bien ?

Pas dans nos données. On a croisé la fréquence d'exposition et le taux de transformation sur 6 comptes, avec des fréquences allant de 1,56 à 5,09 sur 180 jours, et aucune relation n'apparaît. C'est une explication très répandue dans le métier, et on ne la publie pas parce qu'on ne l'observe pas.

Faut-il préférer un formulaire natif ou une page d'arrivée ?

Ça dépend de ce que vous vendez, et la réponse ne se lit pas au coût par contact. Sur un compte de formation, la page d'arrivée produit des contacts 18 % plus chers qui convertissent deux fois mieux en inscription. Le formulaire natif reste le moyen le plus rapide de donner du volume à une équipe commerciale. Les deux font un travail différent.

Comment savoir si mon problème vient de l'achat média ou de l'après-clic ?

Regardez laquelle des deux moitiés a bougé quand vos résultats ont changé. Si votre coût par clic est stable et que vos contacts baissent, le problème est après le clic. Si votre taux de transformation est stable et que votre coût par clic monte, c'est l'enchère ou la concurrence. Les deux se lisent dans la même interface, à deux colonnes d'écart.

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