Google Ads
Avant de choisir une agence pour remplir vos sessions : 8 questions à poser, ce qu'une bonne réponse contient, et le signal qui doit vous faire renoncer.
Vous avez 3 rendez-vous d'agence cette semaine, et les 3 vont vous dire à peu près la même chose : expertise, sur-mesure, accompagnement. Vous ressortirez avec 3 propositions qui se ressemblent et aucun moyen de les départager autrement qu'au prix. Alors voilà la grille qu'on utiliserait pour nous juger nous, avec les réponses qui devraient vous rassurer et celles qui devraient vous faire continuer à chercher.
Parce qu'on perd des appels d'offres pour de mauvaises raisons, et qu'on en gagne aussi pour de mauvaises raisons. Un dirigeant d'école qui choisit au tarif affiché se retrouve 6 mois plus tard avec un compte qu'il ne peut pas récupérer et un reporting qui agrège toutes ses formations. Ce n'est bon pour personne, y compris pour nous : 80 % de nos clients viennent par recommandation, et une recommandation se construit sur des dossiers qui tiennent 2 ans, pas sur des signatures rapides.
Il y a aussi un intérêt moins noble, et autant l'écrire : une grille de questions précises avantage celui qui a déjà les réponses. Si les 8 questions ci-dessous vous paraissent tordues, demandez-les quand même à toutes les agences que vous consultez, nous compris. Une question qui n'embarrasse qu'un seul prestataire est une question mal posée.
L'ordre compte, et il n'est pas intuitif. On commence par ce qui est irréversible, on finit par ce qui se négocie.
Le piège classique consiste à faire l'inverse : ouvrir sur le budget, arriver à la propriété du compte en fin de rendez-vous, et l'oublier parce qu'on n'a plus de temps. C'est exactement la question qu'il ne faut pas repousser.
Une bonne réponse est courte et sans conditions. Le compte Google Ads et le compte Meta sont créés sur votre identité d'entreprise, votre moyen de paiement, votre nom de domaine. L'agence y accède par un accès délégué qu'elle perd le jour où vous le révoquez. Le conteneur de balises et le compte d'analyse suivent la même règle. Si l'agence propose de créer les comptes elle-même pour aller plus vite, la bonne version de cette réponse précise que la propriété vous est transférée avant le premier euro dépensé.
Une mauvaise réponse parle de mutualisation, de compte agence, de conditions tarifaires obtenues grâce au volume global. Traduction : votre historique de conversions, celui qui vaut le plus cher parce qu'il nourrit les enchères automatiques, restera chez eux. Autre formulation à surveiller : « on vous exporte les données à la sortie ». Un export de données n'est pas un historique de compte, et aucun algorithme ne réapprend à partir d'un tableur.
Une bonne réponse nomme des situations, pas des logos. Quel type de formation, quelle durée de cycle, quel volume de candidatures pour combien d'inscrits, et surtout quel obstacle a été rencontré. Une agence qui a vraiment travaillé dans la formation vous parlera spontanément de l'écart entre une demande d'information et un dossier complet, parce que c'est là que tout se joue. Elle acceptera aussi de dire ce qui n'a pas marché : un canal abandonné, une formation qu'elle n'a jamais réussi à remplir.
Une mauvaise réponse liste des secteurs. « On travaille avec des écoles, des centres de formation, des organismes » sans un seul détail opérationnel signifie en général une mission de 3 mois il y a 2 ans. Second signal : l'agence parle de leads et jamais d'inscrits. Un organisme de formation ne vit pas de formulaires remplis, il vit de sièges occupés le jour de la rentrée. Si le vocabulaire ne descend jamais jusqu'à l'inscription, le pilotage n'y descendra pas non plus. Le sujet est développé dans notre article sur ce qui sépare un contact d'un contact qualifié.
Une bonne réponse commence par vous poser des questions. Quelles sont vos dates de clôture de dossier, combien de sessions par an, quel délai moyen entre la première demande et la signature. Elle enchaîne sur un rétroplanning chiffré : la montée en budget démarre 8 à 10 semaines avant une date limite d'inscription, parce qu'une campagne a besoin de 2 à 3 semaines pour sortir d'apprentissage et qu'il faut ensuite du temps utile pour optimiser. Elle prévoit aussi ce qu'on fait des périodes creuses, où le bon arbitrage est souvent de baisser plutôt que de couper, pour ne pas payer 2 fois le réapprentissage.
Une mauvaise réponse promet un lancement en 1 semaine et des résultats le mois suivant. C'est vendeur et c'est faux pour une raison mécanique : un compte fraîchement créé sur une formation à cycle long n'accumule pas assez de conversions en 30 jours pour que les enchères automatiques apprennent quoi que ce soit. On s'est pris ce mur nous-mêmes, sur un lancement accepté 3 semaines avant une rentrée : les campagnes ont commencé à devenir bonnes la semaine où les inscriptions fermaient. Le budget n'était pas perdu, il était juste dépensé au mauvais moment de l'année.
Une bonne réponse commence par une correction. Aucune plateforme publicitaire ne permet de cibler les personnes éligibles au CPF, ni celles dont l'OPCO financera la formation, ni les candidats à l'alternance en tant que tels. Ce qui se fait réellement se situe à 3 niveaux : le message de l'annonce et de la page, qui filtre en amont ; les questions du formulaire, qui qualifient ; et le suivi côté admissions, qui remonte le financement réel dans les conversions afin que l'algorithme optimise vers les dossiers finançables. Une agence solide vous expliquera le 3ᵉ niveau sans que vous le demandiez, parce que c'est le seul qui change les résultats.
Une mauvaise réponse acquiesce. « Oui, on cible le CPF » est le signal le plus rapide à obtenir dans un rendez-vous, et le plus fiable. Variante plus subtile : l'agence propose de mettre le mot dans les mots-clés et de s'arrêter là. Capter une requête qui mentionne un dispositif de financement est utile, mais ça ne dit rien de l'éligibilité de la personne, et le tri se fera de toute façon par vos équipes.
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Une bonne réponse distingue 2 objectifs qui n'ont pas le même tunnel. Une inscription à une porte ouverte se joue sur 10 à 15 jours avant l'événement, avec un budget concentré et un message qui porte une date. Une candidature se joue sur plusieurs semaines. Confondre les 2 dans une même campagne revient à demander à l'algorithme d'optimiser vers 2 comportements différents, et il choisira le moins cher, donc l'inscription à l'événement. La bonne réponse précise aussi la sortie de pic : on coupe la campagne événementielle 24 à 48 h après la date, et on redirige le budget vers les candidatures plutôt que de laisser tourner une annonce qui renvoie vers un événement passé.
Une mauvaise réponse traite l'événement comme une simple hausse de budget sur les campagnes existantes. Ça marche à peu près, jusqu'au jour où vous constatez que le mois de votre porte ouverte est aussi le mois où votre coût par candidature a doublé, sans que personne ne sache pourquoi.
Une bonne réponse assume que c'est en partie son problème. L'agence demande votre taux de présence effective actuel, et propose un seuil de décision : en dessous de 70 % de présence sur une porte ouverte, la cause n'est pas le rappel, c'est la promesse de l'annonce. Une créative qui survend une formation attire des gens qui se désengagent dès qu'ils comprennent la réalité, et ils se désengagent au moment le plus coûteux, après que vous avez payé le clic. La réponse prévoit alors une bifurcation : soit on resserre le message et on accepte un coût par contact plus élevé, soit on garde le volume et on renforce la relance côté admissions. Les 2 se défendent, mais il faut choisir.
Une mauvaise réponse renvoie la balle : « la relance, c'est votre équipe ». C'est vrai administrativement et faux économiquement. Une agence qui ne regarde jamais ce qui se passe après le formulaire optimise vers le contact le moins cher, et le contact le moins cher est presque toujours celui qui s'engage le moins. C'est le même mécanisme que celui décrit dans notre analyse du décrochage après le clic.
Un exemple qui va contre l'intuition : chez un organisme de formation qu'on accompagne, le contact issu de la page dédiée coûtait 18 % de plus que la moyenne du compte et convertissait 2 fois mieux. Optimiser vers le contact le moins cher aurait coupé la meilleure source. Le détail est sur la page de ce dossier.
Une bonne réponse descend au niveau de la formation, pas de la campagne. Vous devez voir, pour chaque formation que vous vendez, le nombre de demandes, le nombre de dossiers, le coût par dossier et l'évolution sur les 3 derniers mois. La règle de structure qui va avec : dès que 2 formations ont plus de 40 % d'écart de valeur ou de durée de cycle, elles vivent dans des campagnes séparées. Sinon l'algorithme arbitrera tout seul vers la formation la plus facile à vendre, qui n'est pas toujours celle que vous voulez remplir.
Une mauvaise réponse montre un tableau de bord magnifique, avec des impressions, des clics, un CTR et un coût par clic. Ces indicateurs sont utiles, ils ne sont pas des décisions. Le test à faire en rendez-vous : demandez quelle décision a été prise le mois dernier grâce à ce reporting, sur un compte réel. Une agence qui pilote répond en 10 secondes. Une agence qui reporte cherche ses mots.
Une bonne réponse refuse de donner un chiffre seul. Elle donne une fourchette, dit sur quoi elle se fonde, et surtout ce qui la fait varier : la durée du cycle, le prix de la formation, le niveau de diplôme, la concurrence locale, et la part de votre notoriété. Sur un même compte, l'écart entre une formation courte et un cursus diplômant se compte en rapport de 1 à 4, parfois plus. Une agence honnête vous dira aussi qu'elle ne peut pas répondre correctement avant d'avoir vu vos données, et qu'un chiffre donné en rendez-vous découverte est une hypothèse, pas un engagement.
Une mauvaise réponse annonce un montant précis, tout de suite, sans conditions. Elle peut le faire pour 2 raisons, et aucune n'est bonne : soit elle récite une moyenne de marché sans lien avec votre situation, soit elle vous promet un résultat, ce qui devrait vous inquiéter davantage. Aucune agence ne maîtrise votre taux de transformation interne, votre prix, ni votre réputation. Ce qu'on peut mesurer et présenter, ce sont des progressions constatées : sur nos comptes, le coût par contact est divisé par 3 en moyenne en 3 mois de travail. C'est une progression, pas une garantie, et la nuance est exactement ce que vous devez entendre en face de vous.
Le prix de la prestation suit la même logique. On a détaillé les fourchettes réelles du marché français dans notre article sur ce que coûte une agence Google Ads, avec les grilles publiques que nous avons pu vérifier.
L'audit gratuit qui sert surtout à obtenir un accès. Beaucoup d'agences, nous y compris, proposent un audit de compte sans engagement. C'est légitime, et c'est aussi le moment où vous accordez un accès à votre compte publicitaire à quelqu'un que vous ne connaissez pas. Le garde-fou est simple : accordez un accès en lecture, jamais en administration, et vérifiez 15 jours après l'audit que l'accès a bien été retiré si vous ne donnez pas suite. Un audit de 30 minutes qui exige les droits d'administrateur pour être réalisé n'est pas un audit.
Deuxième piège, plus insidieux : l'agence qui restructure votre compte en supprimant les campagnes existantes au lieu de les mettre en pause. Vous perdez alors l'historique de conversions de la saison précédente, celui qui vous aurait servi de référence pour juger le nouveau travail. Demandez explicitement ce qui sera conservé.
Alors regardez laquelle manque, parce que les 8 n'ont pas le même poids.
On refuse les dossiers où les 3 questions éliminatoires ne peuvent pas être satisfaites, et ça arrive plus souvent qu'on aimerait. Un compte détenu par une agence sortante qui ne veut pas le céder, une équipe admissions qui ne peut pas remonter l'issue des dossiers, un catalogue de 30 formations à piloter avec un budget qui n'en supporte que 4 : dans ces 3 cas, on préfère le dire avant de signer. Notre travail commence par le setup de mesure sur les admissions, avant la moindre dépense média, parce que tout arbitrage pris avant repose sur des chiffres faux.
Et si vous nous posez ces 8 questions et qu'une de nos réponses vous semble floue, insistez. Une agence qui ne supporte pas d'être interrogée sur la propriété de vos comptes vous le fera payer plus tard, au moment où vous voudrez partir.
Posez la question de la propriété du compte dans les 10 premières minutes du 1ᵉʳ rendez-vous, pas dans le contrat. Demandez à chaque agence quelle décision concrète elle a prise le mois dernier grâce à son reporting, sur un compte réel. Exigez un rétroplanning calé sur vos dates de clôture d'inscription, pas sur votre date de signature. Et méfiez-vous de la seule réponse qui vous fera plaisir sur le moment : le coût par inscrit annoncé sans conditions.
Une agence qui remplit vos sessions vous parlera de vos sessions. Une agence qui vend des campagnes vous parlera de campagnes. La différence s'entend en 45 minutes de rendez-vous, à condition de poser les bonnes questions.
Ce n'est pas indispensable, mais l'absence d'expérience du secteur doit être compensée. Ce qui compte réellement, c'est la compréhension des cycles longs et la capacité à remonter l'issue d'un dossier dans les conversions. Une agence habituée aux cycles de vente longs en B2B transpose assez bien ; une agence habituée à la vente en ligne immédiate a plus de chemin à faire.
Comptez 10 à 14 semaines avant votre date limite d'inscription. Il faut 2 à 3 semaines pour la mesure et la structuration, 2 à 3 semaines d'apprentissage des campagnes, puis un temps d'optimisation utile. Signer 1 mois avant la clôture est possible, mais vous financez alors surtout la phase d'apprentissage, et les bons résultats arriveront pour la session suivante.
Oui, sans discussion. Les comptes Google Ads et Meta se créent sur votre entité, avec votre moyen de paiement, et l'agence y travaille par accès délégué. C'est le fonctionnement standard des plateformes. Une agence qui présente la propriété du compte comme une contrainte technique vous décrit son modèle commercial, pas une limite de l'outil.
Comme hypothèse, oui. Comme engagement, non. Le coût par inscrit dépend de votre prix, de votre notoriété locale, de la durée de votre cycle et de votre taux de transformation interne, dont aucune agence n'a la maîtrise. Demandez plutôt des progressions constatées sur des comptes comparables, avec leur période, et la liste de ce qui a fait varier le résultat.
Si les comptes vous appartiennent, la bascule prend quelques jours et l'historique de conversions est conservé, donc les campagnes ne repartent pas en apprentissage. Si les comptes appartiennent à l'agence sortante, tout est à reconstruire, avec 2 à 3 semaines d'apprentissage à financer au pire moment de votre calendrier. C'est la raison pour laquelle cette question passe en premier.
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